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Psychiatrie

Ce que la pandémie fait à la psychiatrie : sommes-nous entrés...
Gérald Deschietere, Alain Luts, Wolfgang Schuller, Jean-Philippe Heymans, Nausica Germeau, Geneviève Cool, Philippe de Timary, Laurie Nizet Mai 2020

La pandémie due au SARS-Cov2 (COVID-19) a modifié l’organisation des soins en psychiatrie. Après un survol des liens entre psychiatrie et épidémie, nous détaillerons les modalités d’organisation des soins psychiatriques au sein des cliniques universitaires Saint-Luc : diminution globale de l’activité, réorientation d’une partie de l’activité vers des consultations téléphoniques ou par vidéo, organisation d’une partie des lits psychiatriques dédiés à l’accueil de patients souffrant de troubles psychiques et du COVID-19, augmentation importante de l’activité de l’équipe mobile de crise… Un questionnement sera développé sur les changements en cours dans la pratique de la psychiatrie à travers l’utilisation des moyens téléphoniques et l’obligation de porter le masque. Dans sa conclusion, l’article amène quelques interrogations sur l’avenir de la psychiatrie et les liens entre pandémie et réforme de la santé mentale. Nous terminerons brièvement par une réflexion anthropologique sur la psychiatrie de guerre et sur le destin de la mort dans notre société.

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Pneumologie

Immunité et COVID-19 : état des lieux, vers une médecine de...
Thomas Planté-Bordeneuve, Antoine Froidure, Charles Pilette Mai 2020

Le COVID-19 est une pathologie liée au SARS-CoV-2 induisant (dans 5 à 15% des cas) dans sa forme sévère une pneumonie bilatérale pouvant se compliquer d’un ARDS et d’une insuffisance respiratoire aigüe. Les patients atteints présentent une lymphopénie et éventuellement une neutrophilie qui ont une valeur pronostique. De plus, certains sujets développent une dérégulation du système immunitaire avec un état hyperinflammatoire associé à un « orage cytokinique » et un pronostic péjoré. Bien que les mécanismes sous-jacents soient encore mal compris, l’échappement aux mécanismes immunitaires innés par les coronavirus pourrait jouer un rôle important. La compréhension de l’immunopathologie de cette maladie devrait aider à définir une médecine de précision pour traiter les malades COVID-19 en fonction de biomarqueurs prédictifs (ou précoces) de sévérité.

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Pays émergents

L'épidémie de SARS-CoV-2 en Afrique Sub-Saharienne,...
Ella Larissa Ndoricyimpaye, Joseph Tuyishimire, Sophie Vanwambeke, Léon Mutesa, Elias Nyandwi, Nadine Rujeni, Jean-Paul Coutelier Mai 2020

Les fréquences de cas détectés d’infection et de décès consécutifs à l’épidémie d’infection par SARS-CoV-2 semblent moins élevées en Afrique sub-saharienne. Cette situation correspond probablement à un démarrage plus tardif de l’épidémie sur le continent. Cependant, certains éléments propres à cette région du monde pourraient influencer son cours. Les conditions socio-économiques moins favorables et la promiscuité qui y est associée, la situation difficile des services de santé pour répondre à l’épidémie, ainsi que la fréquence dans certains pays d’affections aggravantes pourraient entraîner une situation sanitaire particulièrement difficile. Inversement, la pyramide des âges, de potentielles caractéristiques génétiques et les effets immuno-régulateurs d’infections courantes concomitantes pourraient avoir pour conséquence une sévérité moins importante de cette infection. Afin de limiter l’impact direct et indirect de l’épidémie dans ces pays, il est très important de renforcer leur capacité de diagnostic, de prise en charge des patients et d’analyse scientifique des facteurs de risque locaux.

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Oto-rhino-laryngologie

Plaintes ORL liées au COVID-19
Caroline Huart, Karl Le Bras, Caroline de Toeuf, Naima Deggouj, Philippe Rombaux Mai 2020

Si la fièvre, les symptômes respiratoires, la toux et la fatigue étaient considérés initialement comme les symptômes majeurs du COVID-19, force est de constater que les plaintes ORL sont également très fréquentes chez les patients affectés par le SARS-CoV-2. En particulier, en parallèle au développement de la pandémie de COVID-19, une véritable explosion des plaintes d’anosmie a eu lieu. Bien que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrive ce symptôme comme étant peu fréquent, les études actuelles suggèrent le contraire et montrent même que l’anosmie pourrait parfois constituer l’unique plainte de patients porteurs du SARS-CoV-2. En Belgique, Sciensano a désormais repris ce symptôme comme un symptôme majeur du COVID-19; qui justifie à lui seul la réalisation d'un test de dépistage. En outre, toute anosmie brutale isolée doit motiver un respect strict des mesures de quarantaine et de protection.

Par ailleurs, l’examen de la sphère ORL expose les médecins à un risque important d’infection par le SARS-CoV-2 étant donné le tropisme du virus pour la sphère ORL et le risque d’aérosolisation lié aux actes ORL. Il est donc recommandé d’utiliser pour tout patient un matériel de protection adéquat et de limiter autant que possible les procédures potentiellement aérosolisantes ainsi que d’adapter la chirurgie ORL en période pandémique.

Le but de cet article est de décrire les différentes manifestations ORL liées à l’infection par le SARS-CoV-2, en portant une attention particulière aux plaintes d’anosmie ; ainsi que de rappeler les règles de bonne pratique ORL en cette période pandémique.

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Oncologie médicale

L’ONCOVID, ou comment ne pas nuire
Alice Kalantari, Jean-Pascal Machiels, Cédric Van Marcke Mai 2020

La prise en charge du patient oncologique en période de pandémie est un challenge à plusieurs niveaux. Nous n’avons jamais été confrontés à une pandémie de cette ampleur, qui plus est, à l’ère d’une médecine de pointe qui utilise de nombreux médicaments immunosuppresseurs et/ou immunomodulateurs.

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Obstétrique

Grossesse et COVID-19
Corinne Hubinont, Frédéric Debieve, Pierre Bernard Mai 2020

La pandémie due au coronavirus COVID-19 touche également la femme enceinte. Si la grande majorité des patientes infectées sont peu symptomatiques, environ 10% d’entre elles peuvent présenter une pneumopathie qu’il est important de diagnostiquer et traiter. Les premières données de la littérature suggèrent une prise en charge similaire à celle de la population générale. Il existe un risque plus important d’accouchement prématuré nécessitant d’administrer en cas d’accouchement imminent, des corticoïdes pour la maturation pulmonaire fœtale. La voie d’accouchement doit être guidée par l’histoire obstétricale même si on retrouve une grande proportion de césariennes dans les séries publiées. L’anesthésie locorégionale est autorisée. À ce jour, on ne décrit que quelques cas de transmission materno-fœtale, plutôt lié à une transmission per- ou postpartale. Le taux de morbidité et de mortalité périnatale est très bas. Une seule mort maternelle a été décrite. L’allaitement maternel est autorisé avec les mesures de protection (désinfection des mains, masque pour l’accouchée). En conclusion, l’ensemble des études actuelles suggère que la femme enceinte infectée par le COVID-19 et son nouveau-né ont un bon pronostic d’évolution mais il faudra attendre de disposer de grandes séries multicentriques et bien documentées pour confirmer ces données.

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Neurologie

Implications neurologiques de l’infection à SARS-CoV-2
Pietro Maggi, Antoine Guilmot, Sofia Maldonado Slootjes, Caroline Huart, Bernard Hanseeuw, Thierry Duprez, Julien De Greef, Leila Belkhir, Jean Cyr Yombi, Adrian Ivanoiu, Vincent van Pesch Mai 2020

Le nombre de cas rapportés dans la littérature comportant des manifestations neurologiques potentiellement liées au COVID-19 est en constante augmentation. Il s’agit le plus souvent d’une anosmie brutale, de céphalées, d’états d’encéphalopathie ou d’accidents vasculaires cérébraux. Les mécanismes physiopathologiques sous-tendant le « Neuro-COVID » sont encore largement méconnus alors que le génome viral est très rarement détecté au niveau du liquide céphalorachidien. La recherche d’anomalies à la ponction lombaire chez ces patients ainsi que la présence d’une infection directe du virus au sein des cellules du neuroépithélium olfactif fait actuellement l’objet d’une étude aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

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Néphrologie

COVID-19, rein et maladies rénales
Johann Morelle, Arnaud Devresse, Nathalie Demoulin, Valentine Gillion, Eric Goffin, Nada Kanaan, Laura Labriola, Michel Jadoul Mai 2020

Nous discutons successivement les données récentes qui montrent que le rein est une des cibles du coronavirus (l’atteinte rénale est un critère de gravité), puis les raisons de poursuivre les IEC et/ou les sartans dans les groupes à risque, et le risque de transmission du coronavirus au sein de l’unité d’hémodialyse et par la dialyse péritonéale. Nous revoyons ensuite les données disponibles concernant l’infection COVID-19 chez les patients transplantés rénaux et terminons par une évocation des multiples défis rencontrés pour maintenir des soins de qualité en cette période de pandémie COVID-19.

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Néonatologie

COVID-19 : synthèse de la situation actuelle en néonatologie
Julien Toulmonde, Olivier Danhaive, Nancy Laval, Fiammetta Piersigilli Mai 2020

Le début de cette année 2020 a été marqué par la propagation du SARS-CoV-2, un nouveau virus de la famille des bêta-coronavirus, au départ de la province de Hubei en Chine. Ce virus est responsable d’une pandémie mondiale de pneumonie et de syndrome de détresse respiratoire aigüe. Bien que l’infection (appelée COVID-19) semble être moins sévère dans la population pédiatrique, les nouveau-nés ont tendance à être plus fréquemment touchés que les autres enfants. Plusieurs cas d’infections néonatales au SARS-CoV-2 ont été rapportés à ce jour, dont un chez un prématuré extrême. Néanmoins, le tableau clinique parait moins sévère et la mortalité néonatale liée au COVID 19 n’a pas été rapportée à ce jour. Le mode de transmission par lequel une mère infecte son bébé n’est pas encore clairement identifié, la transmission verticale n’a pas été démontrée jusqu’à présent. L’allaitement maternel n’est pas contre-indiqué dans la plupart des pays. Le but de cet article est de faire le point sur la situation actuelle en pédiatrie, et particulièrement en néonatologie.

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Médecine interne et maladies infectieuses

COVID-19 : infection par le virus SARS-CoV-2
J. De Greef, L. Pothen, H. Yildiz,W. Poncin, G. Reychler, S. Brilot, S. Demartin, E. Lagneaux, R. Lattenist, J. Lux,G. Pierman, G. Vandercam, S. Wallemacq, A. Scohy , A. Verroken, B. Mwenge, G. Liistro, A. Froidure, C. Pilette, L. Belkhir, J-C. Yombi Mai 2020

Le monde est confronté à une grave pandémie nommée COVID-19 due au nouveau virus SARS-CoV-2, qui a commencé en Chine en décembre 2019. Le COVID-19 peut être particulièrement grave et mortel dans certains groupes tels que les personnes âgées ou présentant certaines comorbidités (maladies cardiovasculaires, BPCO, diabète, maladies rénales chroniques et cancer). Chez les sujets symptomatiques, la présentation clinique est légère dans environ 80% des cas, modérée à sévère dans 15% des cas et critique dans 5% des cas. Les symptômes les plus courants du COVID-19 sont la fièvre, la fatigue, les douleurs musculaires, la toux sèche. Certains patients peuvent présenter une congestion nasale, une anosmie, un mal de gorge ou une diarrhée. Les patients atteints d'une maladie grave peuvent développer un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), un choc, des manifestations thrombo-emboliques, une défaillance multiple d'organes et sont à risque de décès. Les patients COVID-19 atteints de SDRA ont un mauvais pronostic avec une mortalité estimée à plus de 10%. La transmission du SARS-CoV-2 se fait principalement par les gouttelettes respiratoires ; l’hygiène des voies aériennes et des mains est donc capitale. Le diagnostic est réalisé par RT-PCR sur frottis naso-pharyngé ou oro-pharyngé et, dans les cas suggestifs, par CT-scanner, grâce à sa sensibilité élevée. Il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement spécifique bénéficiant d’une évidence robuste d’efficacité clinique. De nombreuses molécules sont encore en cours d’étude ; le traitement est donc principalement supportif.

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